Recommandation en conclusion du rapport du 9 mai 2017 de l'Académie nationale de médecine


L’éolien terrestre présente indubitablement des effets positifs sur la pollution de l’air et donc sur certaines maladies (asthme, BPCO, cancers, maladies cardio-vasculaires). Par ailleurs, il ne semble pas induire directement des pathologies organiques. Toutefois, il appert de l’étude de la littérature et des doléances exprimées par de multiples associations de riverains qu’au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles, il affecte la qualité de vie d’une partie des riverains et donc leur “ état de complet bien-être physique, mental et social ” lequel définit aujourd’hui le concept de santé.


Dans le double souci d’améliorer l’acceptation du fait éolien et d’atténuer son retentissement sanitaire, direct ou indirect, sur une frange de la population de riverains, le groupe de travail recommande :

- de faciliter la concertation entre les populations riveraines et les exploitants ainsi que la saisine du préfet par les plaignants, de s’assurer que l’enquête publique est conduite avec la rigueur décrite dans les textes et effectivement mise en oeuvre, et de veiller à ce que les riverains se sentent mieux concernés par les retombées économiques,

- de déterminer la distance minimale d’implantation à la première habitation en fonction de la hauteur des nouvelles éoliennes afin de ne pas majorer leur impact visuel et ses conséquences psychiques et somatiques,

- de systématiser les contrôles de conformité acoustique dont la périodicité doit être précisée dans tous les arrêtés d’autorisation et non au cas par cas,

- d’encourager les innovations technologiques susceptibles de restreindre et de “brider” en temps réel le bruit émis par les éoliennes afin d’atténuer - malgré l’absence de preuves formelles de sa nocivité - les effets ressentis, et d’en équiper les éoliennes les plus anciennes,

- de revenir pour ce qui concerne leur bruit (et tout en laissant les éoliennes sous le régime des Installations Classées pour le Protection de l’Environnement) au décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits du voisinage (relevant du code de Santé publique et non de celui de l’Environnement), ramenant le seuil de déclenchement des mesures d’émergence à 30dB A à l’extérieur des habitations et à 25 à l’intérieur,

- d’entreprendre, comme recommandé dans le précédent rapport, une étude épidémiologique prospective sur les nuisances sanitaires.